Parution Versailles+ 

Journal N°123

Les entreprises versaillaises : une prédisposition à la RSE ?

 

L’association Versailles Service qui continue de développer sa présence sur Versailles revient sur la démarche RSE

 

Pourquoi les entreprises versaillaises se soucieraient-elles de RSE (Responsabilité sociale et environnementale des entreprises) ?

Ce sigle n’est en effet pas très courant à Versailles. Se poser la question de la responsabilité que l’on a vis-à-vis de la société semble être une préoccupation plutôt réservée aux grandes entreprises, celles de plus de 500 salariés que la loi oblige à publier régulièrement des informations relatives aux enjeux sociaux et environnementaux. Il y a a priori une évidence à ce qu’on impose cela aux plus grandes entreprises : elles sont supposées avoir atteint une stabilité qui leur permet de se préoccuper de ces enjeux non essentiels à la survie d’une entreprise et être aussi les plus concernées par ces enjeux.

Admettons-le : sans qu’elles soient par nature plus vertueuses, la taille plus modeste de la plupart des entreprises versaillaises les préserve des pires excès que l’on trouve dans les grandes entreprises multinationales. Mais alors que le réchauffement climatique montre jour après jour ses conséquences de plus en plus dramatiques et que les inégalités sociales se creusent toujours davantage, en France et ailleurs, quel acteur économique pourrait affirmer qu’il n’est pas concerné par ces problèmes ? Pour que l’activité économique en France devienne vraiment durable, il faudra plus que les rapports RSE des entreprises du CAC 40.

Il y a au moins deux préjugés importants qui poussent les entreprises versaillaises à ignorer le sujet de la RSE. Le premier est le préjugé très français qui consiste à se reposer sur de plus grands acteurs comme l’Etat ou les grands groupes pour régler les problèmes alors même que leurs centres de décisions sont éloignés des territoires. Pourtant, les acteurs locaux sont les plus concernés et peuvent souvent trouver des façons efficaces de régler les problèmes sociaux et environnementaux à l’échelle du territoire. Ainsi selon ce principe de subsidiarité, la préservation sociale et environnementale de Versailles doit être d’abord l’affaire des versaillais. Le deuxième préjugé est celui qui consiste à ne traiter les problèmes qu’en aval, une fois que le mal est fait. En matière de RSE, c’est souvent notre attitude par défaut : nous nous demandons d’abord quelles seront les conséquences des actions déjà engagées. C’est pour cela que les associations et les citoyens interpellent en priorité les entreprises qui ont l’impact le plus désastreux à l’échelle mondiale, car ce sont elles qui pourraient changer le plus de choses en prenant leurs responsabilités. Cette attitude, si elle a le mérite de l’efficacité, nous fait perdre de vue que tout ne se joue pas en aval des actions, du côté de leurs conséquences. Il est important d’être aussi attentif à ce qui se joue en amont, du côté des intentions. Certes, des intentions, même bonnes, ne suffiront pas à sauver le monde, mais on aurait tort de penser qu’elles n’y contribueront pas. Que les entreprises versaillaises prennent mieux en compte, en amont de leurs actions, leur impact sociétal et environnemental, ne serait pas qu’une goutte d’eau dans l’océan. Ce serait aussi un engagement qui pourrait contribuer à démontrer ce que peuvent faire des entreprises soucieuses du monde dans lequel elles vivent et avoir valeur d’exemple.

 

Enfin, ne pensons pas que les enjeux de RSE soient sans relation avec les enjeux économiques. Ils sont intrinsèquement liés. Si une entreprise versaillaise, au lieu de se débarrasser d’un matériel électronique défectueux pour en racheter du neuf, le fait réparer par un spécialiste à Versailles alors non seulement, elle améliore son impact environnemental car elle prolonge l’usage de ce matériel mais en plus l’essentiel de la valeur générée par cette réparation profitera à l’entreprise versaillaise de réparation plutôt qu’à la multinationale qui fait fabriquer ce même matériel à bas coût à l’étranger. A terme, voilà ce que peut générer un engagement RSE des entreprises versaillaises : un tissu économique plus riche et une valeur mieux partagée et qui circulera davantage entre les différentes entreprises de Versailles et sa région.

 

                                        Pierre Besley

 

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